Vernissage · Ivresse des rayons, Gabrielle Mogenet

 
Expositions Vernissage Ivresse rayons, Gabrielle Mogenet
Les Grimpantes


inaugurant le volet arts plastiques des Nuits Botanique 2026, l'intervention de Gabrielle Mogenet entre en résonance intime avec l'effervescence musicale du festival. Succédant à l'empreinte géométrique laissée par le duo Hell'O en 2025, l'artiste investit l'emblématique Rotonde pour en métamorphoser l'architecture néoclassique en un organisme vivant et vibrant. Par une douce rupture organique, elle délaisse la ligne droite au profit de la courbe libre, déployant une œuvre qui, telle une prolifération naturelle échappée des jardins environnants, part à l'assaut de la structure de verre.
La démarche de l'artiste s'apparente à une sismographie du rythme. Plutôt que de représenter le mouvement, à travers Les Grimpantes, Gabrielle Mogenet en traduit physiquement la pulsation, laissant son geste se déployer en courbes nerveuses et en ondes colorées qui envahissent l'espace. En circulant au sein et autour de l'édifice, le spectateur est ainsi invité à un dialogue sensoriel immersif, où la lumière traverse la couleur pour créer un immense vitrail contemporain. Au gré du jour, ces reflets mouvants infusent à l'espace une théâtralité propres aux arts de la scène.


IVRESSE Des Rayons
en contrepoint de cette intervention monumentale, Gabrielle Mogenet propose dans les Serres une expérience plus intime et recentrée. Opérant un retour à l’espace du châssis, l’artiste y déploie un travail minutieux d’assemblage où la peinture traditionnelle se mêle à des textiles teints, cousus puis tendus. Un parcours plus tactile, qui fait la part belle aux accidents et à la transparence. Ses toiles ne racontent pas une histoire : elles en contiennent des milliers, superposées comme des mémoires impossibles à trier. C’est l’euphorie, l’ivresse des phénomènes joyeux dont fourmille son expérience d’une sorte de merveilleux sauvage. Le regard entre dans la peinture comme on entre dans une foule ou un foisonnement : sans centre, sans repos, happé par des interfaces qui se croisent. Et au cœur de ce chaos minutieux, parfois une respiration apparaît.
Tout se joue dans la tension discrète entre lumière et disparition. Gabrielle Mogenet travaille l’absence autant que la présence. Elle fouille les couches du visible comme on cherche un souvenir enfoui sous la poussière des années. Chaque toile semble contenir quelque chose qui refuse de se livrer entièrement.
Ses couleurs sourdes, ses transparences et ses effacements successifs confèrent à l’ensemble une profondeur méditative : celle d’être devant une image en train de disparaître ou peut-être en train de naître. Comme si la peinture retenait encore le dernier souffle du rêve avant le réveil. Sommes-nous arrivés avant ou après ce phénomène ?
Commissariat : Grégory Thirion



L'ARTISTE
Gabrielle est artiste peintre, son travail s’articule autour de la traduction plastique et graphique de ses expériences d’errances heureuses. Elle dispose d’un espace de travail aux Ateliers Bardaf à Anderlecht et elle collabore avec la galerie Demain Art, basée à Bruxelles. Elle débute son parcours par une formation en design textile à l’ENSAD (2017–2019), période durant laquelle elle développe un goût affirmé pour l’expérimentation et explore le textile comme un médium autonome. Portée par un intérêt profond pour la couleur, elle affine progressivement une identité graphique marquée par le foisonnement, la répétition et la vibration chromatique.



En 2019, elle s’installe à Bruxelles dans le cadre d’un programme Erasmus et intègre la section peinture de La Cambre (ENSAV), où elle poursuit son cursus jusqu’au Master. Forte d’une grande liberté dans l’élaboration des recherches, cette formation lui permet d’élargir son écriture picturale à des échelles plus vastes et d’affirmer son attrait pour les grands formats ainsi que le langage abstrait. Entretenant un fort attrait pour la danse et les arts scéniques, son travail s’y nourrit d’une immersion physique dans la peinture, cherchant autant l’euphorie que l’épuisement du corps.
Se rapprochant de la carte narrative, elle inscrit sa démarche dans une sorte de “psycho-géographie” des phénomènes joyeux dont fourmille sa perception du monde vivant. À la recherche de son Éden, sa pratique est habitée de ces paysages de bonheur observés avec soin, et éprouvés à la guise d’expériences diverses. Dans ces espaces imaginés, le foisonnement humain se confond avec la luxuriance organique, végétale et météorologique. La contemplation, cet art de longue patience, constitue l’épine dorsale de son travail : savoir regarder, capter et préserver ce qui, dans cette iconographie saturée, nous submerge d’émotions.



Gabrielle imagine ses images comme un atlas de mondes métamorphes où humain, végétal et matière se fondent dans un Adn crypté. Ses peintures apparaissent comme des éruptions visuelles, oscillant entre abstraction abyssale et paysages anéantis d’un merveilleux sauvage. Débordantes de matières, elles sont tantôt traversées de courants liquides voire nucléaires, tantôt denses de ramifications organiques. En s’investissant physiquement dans ses images, elle cherche l’euphorie et l’épuisement du corps.
Toujours à la quête d’une peinture qui résonne lorsqu’elle est entourée de désir, de manque et d’une envie irrésistible de sortir de soi-même. C’est une histoire de cartes sans sol réel, c’est un atlas déployant l’inexplicable euphorie d’un foisonnement d’affect. C’est cartographier un magma d’émoi fondamentalement humain.

Exposition ouverte au public du 18 juin au 16 août 2026, Entrée libre
Gratuit
Tous publics
Expositions Botanique suivre
publié le 22/05/2026

Mercredi: de 18:00 à 21:00

Le 17 juin

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