Madame Bovary, ma mère et moi
« On n’en a jamais parlé. Mais je crois que je n’étais pas prévue au programme. Je suis sûrement l’enfant d’un retour de couches. Est-ce pour cela que j’ai toujours l’impression de déranger. Est-ce pour cela que je m’excuse souvent. » Quand le médecin lui demande : « Avez-vous des antécédents familiaux ? », Salwa reste muette. Elle réalise qu’elle ne sait presque rien – ni des maladies des femmes de sa lignée, ni de leur histoire, ni de ce qui, dans leur corps, s’est transmis au sien. En elle résonnent pourtant des douleurs sans nom, une envie folle de vivre, le silence d’une mère… et l’écho d’Emma Bovary, étudiée au lycée. De ce silence naît une quête. Entre une mère et sa fille se déploient les secrets, les exils, les non-dits, mais aussi un chemin pour se retrouver, enfin ».
Dans ce cinquième roman lumineux, à la forme hybride, Samira El Ayachi signe une œuvre de filiation et d’émancipation, à la fois hymne à l’amour et à la littérature. Elle revisite le lien entre mères et filles et explore avec finesse un angle mort de notre histoire : la santé mentale des femmes arrivées en France avec le « regroupement familial » au tournant des années 1980.
À propos de l’autrice
Samira El Ayachi, née à Lens en 1979 et installée à Lille, est romancière et autrice pour le spectacle vivant. Consacrée à l’écriture, elle partage son temps entre la création littéraire et les rencontres avec ses lecteurs en France et au Maroc. Elle a publié plusieurs romans remarqués, parmi lesquels Quarante jours après ma mort, Les femmes sont occupées et Le ventre des hommes, tous parus chez le même éditeur. Son ouvrage Madame Bovary, ma mère et moi s’inscrit dans le cycle « Ce qui nous relie : Histoire(s) de réparations en partage », une démarche littéraire initiée par l’autrice autour des questions de mémoire, de transmission et de réparation, dont Le ventre des hommes (éditions de l’Aube, 2021) constitue l’un des volets majeurs.
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