Kathleen Vossen : Approcher...

Expositions Kathleen Vossen : Approcher...
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Du 19 janvier au évrier , la Maison Renaissance de la Société libre d’Emulation accueille Approcher…, une exposition de l’artiste liégeoise Kathleen Vossen. Elle offre à voir au visiteur une palette large de ses réalisations.

Bien que diverses dans les matériaux et les techniques utilisées, on retrouve dans ses œuvres une série de thématiques récurrentes.

Kathleen Vossen est notamment animée par un questionnement obsédant sur la trace et la volonté de saisir un réel qui semble sans cesse se dérober.
Ainsi, elle s’applique notamment à reproduire méticuleusement des parties de drapés issus d’œuvres majeures de l’Histoire de l’Art sur des blocs de savon. Creusés dans les limites rectangulaires de leur support et bien que fragments de leur modèle, ils ne renvoient plus qu’à une partie de celui-ci et acquièrent, dès lors, une dimension propre. Ces drapés peuvent être également taillés dans le bois, la pierre, imprimés dans le plâtre, peints ou gravés.

Cette obsession pour l’empreinte, la trace, se retrouve dans nombre de ses créations. Elle réalise notamment des moulages de tronçons de membres, assemblés parfois de façon inconfortable, qui sont autant de limites, d’expressions d’un corps empêché et malgré tout vivant. Comme pour les drapés, la perception donnée par l’artiste n’est que parcellaire et Kathleen Vossen pose, de ce fait, le constat que toute tentative de saisie d’un réel ne peut être que partielle, temporaire ; que vouloir appréhender l’ensemble est utopie. Certaines choses restent impalpables et, au final, le principe d’impermanence, maintes fois mis en avant dans les philosophies orientales, domine. C’est ce que semble aussi suggérer ses impressions perforées de nuages, éléments par essence insaisissables.

Une main, comme on boit l’eau d’une fontaine et qui semble recueillir, protéger un espace témoigne également de cette volonté d’exprimer l’infime, le dérisoire. C’est un appât, une invitation, une fable tout comme l’image de la glaneuse de coquillage rassemblant une série de fragments du réel.

Dans nombre de ses créations, l’artiste nous montre des empreintes, des traces, mais, par là même, crée également des espaces qui sont autant de cocons, de lieux intimes et secrets qui parfois nous invitent, mais peuvent aussi nous être complètement inaccessible. A titre d’exemple : une série de photos de coutures : cicatrices refermant une blessure mais également ouvertures potentielles vers quelque chose auquel on ne peut encore accéder.

Il en va de même avec ce tricot qui cache mais en même temps évoque les empreintes de sein qu’il enveloppe. Tout ici est dans la suggestion, dans une chose dissimulée qu’on devine et dont on peut, tout au plus, percevoir un fragment.

Cette idée de cocon, de trace se retrouve également sur une céramique dont l’intérieur rouge suggère une chaleur animale mais cache aussi comme un secret organique, ou dans des bobines de films figées dans le plâtre, écrins de souvenirs à jamais inaccessibles. Et puis, les drapés ne forment-ils pas également des replis dans lesquels se lover ?

A côté de ces thématiques maîtresses, d’autres notions traversent le travail de la plasticienne, notamment une interrogation sur les liens. Ses maillons en savon en sont un bon exemple. Métaphore des attaches qui nous unissent et qui nous font appartenir à un réseau qui nous dépasse, leur solidité et leur perfection ne sont pourtant qu’apparentes…

En savon également, son labyrinthe qui unit l’idée de connexion, de réseau, au parcours et à la trace. Glanés dans des hôtels, les petits blocs qui le constituent déroulent un cheminement fragile et tortueux alors que son échelle qui se dresse vers le ciel semble tracer une voie beaucoup plus rectiligne et assurée. Apparence… la paraffine qui la constitue nous rappelle la fragilité de nos avancées et la vanité de nos tentatives d’évasion.

La fugacité, l’impermanence, le désir d’approcher les choses et les liens mais aussi les réseaux et les lieux qui nous traversent sont donc au cœur des interrogations de l’artiste. En approchant ces questions essentielles avec lucidité et sensibilité, elle crée un discours artistique universel et pertinent.
Infos pratiques :
Kathleen Vossen : Approcher… :

Exposition à la Maison Renaissance de la Société libre d’Emulation, rue Charles Magnette 9, 4000 Liège.
Du 19 janvier au évrier , les mercredis, jeudis vendredis et samedis de 14H à 18H.
Vernissage : le mercredi 18 janvier de 18H à 0.
Entrée libre.
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